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Après le report des élections Tapé Koulou attaque: « Bédié et Ado se sont disqualifiés... »
(L'Inter 18/11/2008)
Interview / Quelle lecture faites-vous des dernières résolutions du comité de suivi des accords de Ouaga ? T.K.L. : Merci de l’opportunité que vous nous offrez de réveiller un peu les Ivoiriens. Nous disons que nous sommes surpris des déclarations du président Bédié (que j’aime tant) et du Dr Alassane Ouattara, deux leaders que nous reconnaissons comme de grands opposants ivoiriens. C’est-à-dire ceux-là mêmes qui sont censés faire bouger les choses. Or, que constatons nous ? Ils adoptent des attitudes aussi passives qui nous interpellent. Comment pouvez-vous comprendre que le peuple ivoirien qui souffre terriblement puisse encore attendre on ne sait quelle date pour aller aux élections ? Pourquoi c’est seulement maintenant qu’ils nous demandent d’attendre qu’il y ait l’enrôlement et l’identification avant de déterminer la date des élections ? Pour nous au Front national d’initiative démocratique, cette attitude nous paraît suspecte. C’est pourquoi nous, au FNID, nous déclarons que Bédié et Ouattara sont désormais disqualifiés. Nous tenons à leur signifier qu’ils ne répondent plus aux aspirations de l’ensemble des Ivoiriens, encore moins de leur famille politique le PDCI RDA, du RDR et de la grande famille des Houphouétistes (Le RHDP). De nombreux militants fâchés s’interrogent. Plus personne n’est content d’eux aujourd’hui parce qu’on estime qu’ils ont abandonné la lutte. Bédié et Ouattara font la politique de Gbagbo en ce sens qu’ils sont en train de l’accompagner dans un mandat illégitime, en allant de report en report des élections. Ils font la même politique que le président Gbagbo, alors que le peuple attend d’eux qu’ils le poussent aux élections, afin que nous sortions rapidement de l’impasse, de la pauvreté et de la misère généreuse. Puisqu’ils ont démissionné, nous disons qu’ils sont désormais forclos pour la lutte. Nous demandons aux Ivoiriens de reprendre la lutte là où Bédié et Ouattara l’ont laissée. A tous ceux qui veulent voir la Côte d’Ivoire libérée, nous leur demandons de nous rejoindre pour mener le bon combat, celui de la réunification, de l’identification, du recensement de la population dans le but d’aboutir à des élections propres, justes, ouvertes à tous pour une paix durable.
Visiblement, la date du 30 novembre ne sera pas tenue. Que proposez-vous ? T.K.L. : Ce n’est pas nous qui avons dit au orésident Gbagbo de signer un accord pour dire que les élections auront lieu le 30 novembre. S’ils ont fixé une date (le 30 novembre), tout devait être mis en œuvre pour que tout le processus tienne dans le délai imparti. Souvenez-vous que nous avons proposé en son temps la date du début du mois de février 2009. Aujourd’hui, on nous dit que c’est en janvier qu’ils projettent de se retrouver alors qu’on nous annonce seulement 1 million de personnes identifiées jusqu’ici sur 9 millions d’individus concernés par cette opération. A quel moment l’identification va-t-elle prendre fin ? Avec une fréquence de 1 million d’individus identifiés par mois, on ne tiendra jamais dans le temps. Il ne faut pas aussi oublier que ces jeunes que nous avons déversés dans les rues, des laissés-pour-compte, attendent d’être pris en compte par le service civique. Alors de deux choses l’une. Que faisons-nous maintenant que l’opposition a démissionné ? Et comme les choses sont ainsi, nous décidons de soutenir le président Gbagbo pour qu’il essaie au moins de réunifier la Côte d’Ivoire, d’arracher les armes des mains de ceux qui ne sont pas censés les détenir et préparer les élections dont la tenue est pour le moment incertaine.
Si vous dites cela, est-ce à dire que vous êtes vraiment déçu des leaders de l’opposition ?
T.K.L. : Je ne connais pas la langue de bois. Je dis que nous sommes déçus d’eux. Les Ivoiriens dans leur ensemble ont fait d’eux la voix des sans voix, les porte-flambeaux de toute la Côte d’Ivoire martyrisée. Aujourd’hui, nous sommes tous déçus d’eux et les espoirs placés en eux se sont envolés dès l’instant où ils n’arrivent pas à proposer de stratégie concrète et précise pour contrer ceux d’en face qui font tout à leur rythme, pendant que les promesses pleuvent chaque jour. Les Ivoiriens ont compris plus que jamais que ces leaders ne peuvent pas défendre leur cause. Alors, je les appelle à prendre leur destin en main car nous voulons une opposition forte, soumise à un devoir de résultat pour le bonheur de tous. Nous ne pouvons pas aller aux élections avec les armes. Il faut que la Côte d’Ivoire retrouve sa paix, son unité, sa crédibilité pour un développement durable.
Qu’avez-vous fait pour approcher les leaders de l’opposition.
T.K.L. : Mais pourquoi le faire ? Ils ont leurs partis et moi j’ai le mien. C’est vrai que je suis très proche de M. Bédié, mais moi j’ai mon parti. Donc de ce point de vue, je n’ai rien à leur apprendre en stratégie politique, surtout que ce sont des aînés tant au plan politique que social. Mon parti c’est le FNID qui se veut le parti des pauvres. C’est pourquoi nous appelons toute la jeunesse, toutes les classes sociales, et tous les Ivoiriens à rallier notre cause pour la défense réelle de nos intérêts qui sont bien entendu le retour de la paix et des élections propres pour la Côte d’Ivoire, qui nous interpelle. C’est pourquoi, très bientôt, j’organiserai une caravane dans toute la Côte d’Ivoire dans les villes, villages, quartiers et hameaux pour les sensibiliser. Nous entendons y tenir des meetings éclatés pour porter le message à chaque Ivoirien et à chaque Ivoirienne.
lundi 17 novembre 2008 par Raymond N’Cho
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