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Gbagbo à l’occasion de la Journée de la paix : “LE PROBLÈME DE CE PAYS, C’EST LE MENSONGE”
(Fraternite-Matin 18/11/2008)

Le Chef de l’état a saisi l’occasion de la Journée nationale de la Paix, qu’il a célébrée à Attiégouakro, pour porter une sévère critique sur la société ivoirienne.

Un mois seulement après le passage du président du Pdci-Rda, le Président Laurent Gbagbo s’est rendu le week-end dernier à Attiégouakro, au cœur du pays Nananfouè. Répondant ainsi à l’invitation des fils et filles de cette sous-préfecture qui ont tenu à lui rendre hommage pour sa politique de développement. Mais avant cette journée d’hommage et de reconnaissance qui coïncidait avec la Journée nationale de la paix, que n’a-t-on dit et entendu? Un tissu de mensonges qui laissait croire que le Chef de l’Etat ne serait pas le bien venu dans cette sous-préfecture naturellement acquise au Pdci. Rien que des mensonges, vu l’accueil délirant qui lui a été réservé.



C’est la raison pour laquelle le Président Laurent Gbagbo a mis à profit cette tribune pour attirer longuement l’attention des Ivoiriens sur les conséquences néfastes de la culture du mensonge qu’ils font prospérer avec aisance, dans la vie quotidienne, mensonge dans l’enrôlement, mensonge dans le monde paysan, mensonge sur le terrain politique. “Tout est mensonge”, a-t-il déclaré.



L’une des conséquences de cette situation, a dit le Président Laurent Gbagbo, est la guerre que la Côte d’Ivoire vit depuis des années.



“Nous voici, aujourd’hui 15 novembre 2008, Journée nationale de la Paix à Attiégouakro. Je suis dans ce village Nananfouè, dans ce chef-lieu de sous-préfecture où sont réunis les princes Aklohon, Kondokro, Ahougnans-sou, Gofabo et qui me décernent le prix de la paix. C’est un symbole. C’est bien de recevoir le prix. Mais c’est mieux d’observer le symbole qui fait que le Président Laurent Gbagbo est aujourd’hui dans un village baoulé, malgré tout ce qui s’est raconté, s’est dit et s’est fait, pour être déclaré publiquement homme de la paix”, a indiqué le Chef de l’Etat, d’entrée. Avant de poursuivre: “Je remercie Dieu parce qu’il n’est pas un Dieu de mensonge. Il nous a appris à être persévérant parce que chaque fois, la vérité rattrape toujours le mensonge et le dépasse”.



En présence du chef du canton Nananfouè, Nanan Koba 2, des autorités administratives, des cadres et chefs de village venus nombreux à cette fête de la reconnaissance, le Président Laurent Gbagbo s’est engagé à combattre désormais ce nouveau fléau qui gangrène la société ivoirienne. “Les gens parlent, les gens mentent. Notre vrai combat en Côte d’Ivoire et que nous n’avons pas encore gagné, c’est de faire en sorte que ce pays sorte du mensonge. Tout est mensonge. Les gens racontent des mensonges partout. Je refuse le mensonge”, a-t-il martelé.



Comme il l’a expliqué cette propension au mensonge n’a pas épargné l’opération d’enrôlement et de recensement actuellement en cours. Des personnes font de fausses déclarations sur leur identité afin de bénéficier de la nationalité ivoirienne “Mensonge, tout est mensonge et quand vous les attrapez parce qu’ils ont menti sur leur identité, ils évoquent d’autres problèmes. Mensonge que tout cela. Mensonge.”



Et d’ajouter: “Ce pays a des problèmes parce que beaucoup de gens qui vivent dans ce pays, mentent. Ils mentent. Il faut qu’on se batte donc pour lutter contre ce mensonge. L’ennemi de ce pays, c’est le mensonge”.



Ce mensonge qui court plus vite que la vérité, a rejoint le monde paysan dans les différentes régions productrices de l’ouest. Où l’on fait croire aux allochtones et principalement aux baoulé, que dès que Gbagbo deviendrait Président de la République, il les ferait tuer. Pour le Chef de l’Etat, il ne s’agit pas ici d’un mensonge, mais d’un véritable empoisonnement de l’esprit de pauvres paysans. Une dose savamment distillée, mais qui a montré ses limites car la vérité rattrape toujours le mensonge “Mon combat aujourd’hui, c’est contre le mensonge. Je suis venu vous dire que la paix marche avec la vérité. Dans ce pays où nous sommes mélangés et où nous avons des mariages partout. Peut-on dire à des gens qu’on va les tuer? C’est un mensonge. C’est parce que les gens mentent qu’on a eu la guerre”, a révélé le Président Gbagbo. Qui a par ailleurs demandé aux populations d’avoir toujours foi en la Côte d’Ivoire qui ploie sous le poids des difficultés, mais qui reste malgré tout debout.



Il a ensuite salué les efforts du gouverneur N’Dri Koffi Appolinaire qui, dans le cadre de la politique de décentralisation, a mis en chantier un collège moderne en voie d’achèvement et dont la première promotion de 6e, forte de 150 enfants, est venue prendre part à l’accueil chaleureux à lui réservé par les Nananfouè. Et pour se convaincre de l’état d’avancement des travaux, le Chef de l’Etat s’est rendu sur le site du collège construit sur fonds propres par le district de Yamoussoukro, à hauteur de 840 millions FCFA.



S’appuyant sur cette réalisation concrète, il a exhorté les populations à faire la différence entre la vérité palpable et le mensonge basé sur les promesses électoralistes. “Bientôt, on viendra vous faire des promesses car c’est la traite des politiciens. La politique, ce n’est pas l’art du mensonge mais de la vérité. Je suis venu aujourd’hui pour vous dire la place du mensonge. Au lieu de venir vous dire, je vais faire telle ou telle réalisation pour vous, on vous ment. Moi, je vous ai dit que je vais faire la décentralisation et l’AMU, et on m’a fait la guerre. C’est ça la politique. Tu parles, mais quand on t’a élu, tu dois faire ce que tu as dit. Je suis fier et heureux quand je vois des collèges ouverts aujourd’hui à Attiégouakro et que je vois des enfants aller au collège ici. Car un enfant qui ne va pas à l’école, c’est une malédiction. Luttons pour que nos enfants aillent à l’école”.



Les nombreux acquis de la décentralisation dans ce canton n’ont pas échappé au Président Gbagbo. Ce sont l’acquisition de dispensaires et ambulances, la reprise de la réhabilitation des voies qui s’est estompée quelque peu, l’électrification de 6 villages et celle de 7 autres les mois à venir. La nécessité de boucler l’AMU afin de permettre aux Ivoiriens de se soigner en toute quiétude.



N’Dri Célestin



Option : Mensonges



À la faveur de la Journée de la paix célébrée à Attié-gouakro où il a été fait lui-même homme de paix, le Président Laurent Gbagbo a demandé aux Ivoiriens d’aller en croisade contre le mensonge érigé en principe de vie. Même si la palme du mensonge revient aux politiques, force est de reconnaître que le mal s’est beaucoup répandu aujourd’hui. Un greffier et un avocat se rendent coupables de faits divers courants, le débat de fond est occulté par des vices de forme. Un vrai mensonge sur l’indélicatesse se construit pour masquer la vérité d’indélicatesses avérées. Un journaliste tombe sous le coup d’une fraude sur l’identité, on n’a pas la pudeur et l’élégance de plaider coupable et demander clémence, on préfère dire des mensonges éhontés et parler de complot.



En attendant la vraie campagne électorale qui sera la foire aux mensonges, la précampagne nous sert déjà un échantillon des belles promesses difficiles à tenir. Il y a cependant un mensonge qui ne pourra plus prospérer: c’est le refrain sur le tribalisme, le racisme, le régionalisme et la religion pour déstabiliser un adversaire. L’argument de la crise identitaire en Côte d’Ivoire est aujourd’hui désuet, faux et simplement malveillant car ce pays est un exemple de brassage. A travers les mariages et les alliances interethniques, des passerelles invisibles et pourtant indissociables nous unissent les uns aux autres.



Même les politiques donnent un saisissant témoignage dans leur intimité familiale. Tenez! Gbagbo, le Bété, a une épouse Abouré; Wodié, l’Abouré, est marié à une Bété; Bédié, le Baoulé est uni à une Agni; l’épouse de Ouattara, le musulman est une juive chrétienne; Fologo, chrétien du Nord, est marié à une Française; Soro, le chrétien du Nord, a une épouse Bété… Comme on le constate, il n’existe pas un nord musulman contre un sud chrétien. Au fait, a quel groupe ethnique appartiennent les enfants de tous ces leaders et de ces milliers de couples mixtes? Arrêtons les mensonges qui divisent inutilement les Ivoiriens. Au nom de la recherche des voix des électeurs. La brillante élection de Barack Obama aux Etats-Unis devrait pourtant nous enseigner que le repli communautaire est une voie sans issue.



Par Jean-Baptiste Akrou



Gbagbo distingué homme de paix



Dédiée à la paix, la journée du 15 novembre a été caractérisée en Côte d’Ivoire, par la distinction du Président Laurent Gbagbo, comme l’homme de paix par le peuple nanafouè du département de Yamoussoukro. C’était samedi dernier, sur la place publique d’Attiégouakro, leur chef-lieu de sous-préfecture. En présence de nombreux invités, dont le chef Dagbolo Saye 1er, chef suprême des Koulango, de chefs religieux, traditionnels et de toutes les composantes de la population.



“Excellence M. le Président de la République, les quatre provinces du canton nanafouè, à savoir: l’Aklohou, le Kondokro, l’Ahougnassou et le Okabo voudraient vous distinguer comme l’homme de la paix; le faiseur de la paix”, a déclaré solennellement, le porte-parole de la population, Nanan Allou Konan.



Pour matérialiser cette distinction, le chef du canton nanafouè, Nanan Koba II, a remis au Chef de l’Etat, une statue taillée dans du bois. C’est une représentation de la Côte d’Ivoire, sur laquelle il promène son regard. Signe qu’il veille sur le pays, comme la prunelle de ses yeux, a expliqué le chef de canton.



Selon le porte-parole de la population, le choix du Président de la République se justifie par son refus de recourir aux armes, durant les trois décennies passées à l’opposition. S’ajoute aussi l’initiation du dialogue direct avec l’ex-rébellion, qui procure aujourd’hui, une lueur de paix au pays.



Ému par ce geste, l’illustre récipiendaire a dit considérer sa distinction comme un symbole. Vu qu’elle émane d’un village baoulé, malgré tout ce qui a été dit et fait contre lui.



Koffi Kouamé



La population désavoue l’opposition



À l’image du peuple américain lors de la dernière élection présidentielle aux Etats-Unis, le peuple Nanafouè s’est exprimé samedi dernier à Attiégouakro. Chef-lieu de sous-préfecture situé à un peu plus de 20 km, à l’est de Yamoussoukro. Les Nanafouè sont sortis massivement pour d’une part, réserver un accueil très chaleureux au Président Laurent Gbagbo, et d’autre part, le distinguer comme l’homme de paix et le faiseur de paix.



Avec à leur tête les chefs traditionnels, de leurs quatre provinces, à savoir l’Aklohou, le Kondokro, l’Ahougnassou et l’Okabo. Au rythme des danses du territoire, dont le “goli” et “l’adjanou”. Ils sont venus, qui en voiture, qui à pieds, qui à bicyclette pour prendre part à l’évènement. Des banderoles illustraient les aspirations de ce peuple. “Le canton Nanafouè adhère à votre politique de paix et de développement”, “Le canton Nanafouè salue votre génie politique”, “le canton Nanafouè célèbre le Président Laurent Gbagbo, homme de paix”, pouvait-on y lire. L’esplanade où s’est déroulée la cérémonie s’est avérée exiguë, à cause de l’affluence.



Une mobilisation exceptionnelle qui apparaît comme un cinglant désaveux d’un groupe de cadres se présentant comme les “dignes fils nanafouè”. En effet, ceux-ci ont sillonné tous les hameaux pour inviter la population à ne pas sortir. Bien plus, ils ont produit une déclaration dont plusieurs journaux de la places en sont fait l’écho. “Nous voulons dire solennellement à l’opinion nationale et internationale que cette visite est inopportune. (…) Ce n’est pas le peuple nanafouè qui peut décider de façon solitaire de faire de Gbagbo, un homme de paix... Nous voulons dire à notre peuple, les chefs et leurs notables, les cadres et toute la population nanafouè de rester vigilants. (…) Le peuple nanafouè de Yamoussoukro ne se reconnaît pas dans cette visite du samedi 15 novembre 2008”, indiquaient-ils.



La suite, on la connaît. Ils ont purement et simplement été désavoués par la population. L’un des chefs, Nanan Bohoussou Bertin, l’a clairement exprimé à travers l’acte de libation. “Le Président nous a toujours accordé une attention particulière. Il nous a toujours donné ce que nous lui demandons. Comme si cela ne suffisait pas, il s’est déplacé en personne pour venir nous rendre visite. Lorsque tu dors, c’est le visage de la personne qui te réveille que tu regardes. Gbagbo, nous sommes tous avec toi”, a-t-il déclaré, sous un tonnerre d’applaudissements et les hourras de la foule. Comme quoi, “le peuple s’est exprimé”. Dixit le candidat républicain John Mc Cain, après sa défaite face au démocrate Barack Obama, lors de la dernière présidentielle américaine.



Koffi Kouamé



Correspondant Régional



Repères



Mobilisation. Le peuple nanafouè a su relever le défi de la mobilisation. Venus de touts les provinces, les villageois ont pris très tôt d’assaut la place publique qui devait abriter la cérémonie.



Escale. En partance pour Attiégouakro, le Président de la République a marqué une escale dans le village de Gourominankro, où il a reçu les honneurs dus à son rang.



Education. Construit par le District de Yamoussoukro, le premier collège d’Attiégouakro a ouvert ses portes. Le Président de la République a visité les locaux.



Description. Le canton nanafouè du département de Yamoussoukro compte 32 villages. Dont un érigé récemment en sous-préfecture et quatre en commune rurale.




Gbagbo à ses adversaires: “Vous ne me faites pas peur”
Dernière mise à jour : 16 Nov 2008 - 22:03 GMT


Le Président Gbagbo a coupé court à tous les mensonges faisant état de ce qu’il serait à l’origine de la lenteur dans l’opération d’enrôlement et de recensement des populations, d’une part et des reports successifs de la présidentielle, d’autre part. Il a saisi cette tribune pour expliquer à Nanan Koba 2 et ses administrés, les vraies raisons qui fondent cette situation. Comme il l’a indiqué, l’organisation des élections est du ressort de la CEI qui, malheureusement, rencontre quelques problèmes techniques qui sont progressivement en voie d’être réglés, afin de permettre non seulement aux Ivoiriens d’avoir leurs cartes nationales d’identité mais également leurs cartes d’électeurs, pour pouvoir voter. Aussi a-t-il demandé aux non Ivoiriens d’éviter toute velléité de fraude, pour ne pas subir la rigueur de la loi. Car le dispositif mis en place ne laisse aucune chance à de telles manœuvres. Mieux, Laurent Gbagbo a exhorté les populations à appuyer les efforts de la CEI afin que ce processus prenne fin et que les élections aient enfin lieu. “On dit que Gbagbo a peur des élections, c’est pourquoi il fait tout pour les retarder. Mais qu’est-ce que je vois devant moi? Sont-ils dans un état où je dois avoir peur d’eux? Les gens que je regarde là, aujourd’hui quelqu’un peut-il avoir peur d’eux? On est ici en Côte d’Ivoire, et on se connaît”, a-t-il ironisé. Avant de préciser que tout le processus dépend de la CEI qui est le seul arbitre. “Vous laissez l’arbitre et vous dites que c’est Gbagbo qui est à l’origine de tout le retard. Là encore, c’est du mensonge. Dites-leur, que personne ne peut avoir peur d’eux encore. Avant, même si tu avais de l’eau dans la bouche, et que tu soufflais le feu, il s’allumait parce que tu n’arrivais pas à l’éteindre. On n’avait aucunement peur de toi. Ce n’est donc pas maintenant où tu n’as même plus de souffle et que tu ne peux plus souffler le feu, qu’il va s’éteindre. Donc il faut leur demander de se calmer car pour l’instant l’arbitre n’a pas encore sifflé. Nous l’attendons. Faisons tout ce que nous pouvons faire pour qu’il puisse siffler”.




Laurent Gbagbo souhaite que chaque leader politique sensibilise les populations à la nécessité de se faire enrôler, mais aussi donne des moyens financiers, humains ou institutionnels à la CEI, pour ceux qui en ont.




Il a salué les efforts inlassables de tous pour la réussite de cette belle fête. Notamment Thomas Tiacoh.




“Chers amis, je vous engage à lutter contre le mensonge”, a conclu Laurent Gbagbo.




N’Dri Célestin




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