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Mines et énergie : Le premier sommet ouest-africain s’ouvre ce matin à Yamoussoukro
(Fraternite-Matin 18/11/2008)
Pour offrir un cadre propice à la discussion sur les projets et opportunités d’affaires que présente le secteur des mines et énergie en Afrique occidentale, la Côte d’Ivoire accueille ce lundi, et ce jusqu’au 20 novembre prochain, le premier sommet ouest-africain sur les mines et l’énergie. Le thème retenu pour cette rencontre laisse transparaître toute son attente, et plus particulièrement à travers le ministère des Mines et de l’Energie, qui en est l’initiateur: «Mines et énergie pour la paix, la croissance et le développement de l’Afrique de l’Ouest : perspectives et opportunités». Thème à-propos, car les secteurs des mines, de l’énergie et des hydrocarbures constituent aujourd’hui, plus qu’hier, des enjeux stratégiques. La crise énergétique, connue au début de l’année 2008, et ses impacts sur les économies en développement, et particulièrement ceux à faibles revenus sont là pour le démontrer. Ces trois secteurs, faut-il le rappeler, sont de véritables moteurs d’investissements et de transformation économique dont dispose le continent africain, surtout qu’ils devraient connaître une forte croissance dans les années à venir. A cet égard, les enjeux et perspectives pour l’ensemble des pays africains sont nombreux et énormes. En organisant ce premier sommet, en collaboration avec la Petroci et les autres entreprises sous tutelle, le ministère des Mines et de l’Energie veut s’inscrire dans une dynamique, celle de relancer le marché régional de l’énergie et des mines, de plus en plus compétitif. Aussi crée-t-il, à travers cette rencontre internationale, un cadre d’échanges sur les questions liées auxdits secteurs aussi bien entre dirigeants gouvernementaux qu’entre opérateurs qui y exercent. C’est également l’occasion de présenter les potentialités de la région en matière de mines, hydrocarbures et énergie aux investisseurs du monde entier et accroître, ce faisant, les investissements étrangers directs (IED) dans les pays de la sous-région. En accueillant ce sommet, la Côte d’Ivoire a à cœur de présenter son potentiel énergétique, minier et pétrolier, mais aussi et surtout, de consolider sa position de leader dans la fourniture d’énergie dans la sous-région et de se positionner comme un interlocuteur majeur face aux autres questions de grande importance qui seront débattues à ce sommet. Il s’agit, notamment, des questions de développement durable et de sécurité en matière d’approvisionnement énergétique qui préoccupent acteurs industriels et populations. S’il est vrai que de nombreux pays de la sous-région produisent du pétrole et/ou de l’énergie, une plate-forme d’échanges et de discussions comme celle que va offrir quatre jours durant le sommet de Yamoussoukro, fait cruellement défaut. Alors qu’elle peut contribuer à accélérer le processus d’intégration des économies et booster le développement intégré.
Ce sommet va regrouper 39 pays africains. Sont également annoncés à Yamoussoukro, pour discuter des projets communs d’investissement dans les secteur mines, gaz, pétrole et énergie tout en n’occultant pas les nouvelles opportunités d’affaires, tous les acteurs du secteur minier et des énergies renouvelables venant de l’Afrique, de l’Europe, de la Russie, de l’Amérique du Nord, du Brésil, de la Chine, du Japon, de l’Inde, de la Corée, du Moyen-Orient et de l’Australie.
Concrètement de quoi vont discuter tous ces participants? Le programme prévoit, onze sessions dont deux consacrées à «Intégration économique de l’Afrique de l’Ouest», et «Modes de financement et d’assurance dans le secteur des mines et de l’énergie en Afrique de l’Ouest» pour la première journée. Ces deux sessions donneront lieu à des échanges et recommandations fortes sur, entre autres, l’intégration des marchés des hydrocarbures et de l’électricité, l’émergence d’une industrie minière régionale, l’approche stratégique face aux changements du secteur énergétique en Afrique de l’Ouest, la sécurité d’approvisionnement en ressources énergétiques des pays africains pauvres et ceux en voie de développement.
Par ailleurs, les politiques gouvernementales de promotion des investissements étrangers directs (Ied) dans le secteur énergie, les relations entre la Côte d’Ivoire et les institutions internationales, à travers l’Initiative pour la transparence des industries extractives (Itie), les modèles de stratégies d’investissement, problèmes d’assurance dans les secteurs des mines et énergie, les risques et opportunités en matière de projets de financement des infrastructures énergétiques, les fluctuations des cours mondiaux de l’énergie, etc. feront également l’objet d’échanges, ce 17 novembre. En attendant, l’ouverture solennelle de ce sommet par le Président de la République, SEM. Laurent Gbagbo, demain en fin de matinée. A laquelle ouverture suivront deux autres sessions portant respectivement sur «Opportunités dans l’amont pétrolier en Afrique de l’Ouest» et «Investissement dans la technologie et dans les ressources humaines». Le moins que l’on puisse dire est que, par l’organisation de ce premier sommet ouest-africain sur les ressources minières, pétrolières, gazières et énergétiques de l’Afrique occidentale, l’Etat de Côte d’Ivoire, par le biais du ministère des Mines et de l’Energie, attire l’attention du monde entier sur cette partie du continent qui a de quoi offrir en matière d’investissement privé.
Goore Bi Hue
Les acquis de la Côte d’Ivoire
A son accession à l’indépendance, la Côte d’Ivoire était loin d’imaginer qu’elle serait productrice de pétrole. Malgré tout, le pays a investi dans des infrastructures pétrolières dont il tire progressivement profit. Il s’agit de la création, en 1962, de la Société ivoirienne de raffinage (Sir) qui assure aujourd’hui la sécurité et la continuité de l’approvisionnement du marché en produits pétroliers (carburant, gaz, goudron, etc.). Cette raffinerie, dotée de deux unités de distillation atmosphérique de 75 000 barils/jour, et d’hydrocraqueur de 18 000 barils/jour est à la pointe de la technologie. Elle traite 3,9 millions de tonnes de produits pétroliers par an. Cependant, elle projette un investissement de l’ordre de 500 milliards de FCFA dans les années à venir pour allier compétitivité accrue et amélioration de la rentabilité. On a ensuite la Petroci (Société nationale d’opérations pétrolières) qui a pour mission la promotion du bassin sédimentaire de la Côte d’Ivoire et la valorisation des ressources pétrolières et gazières par l’exploitation des gisements. Véritable holding, Petroci dispose de centre d’analyse et de recherche, d’appontement, d’une base d’opérations pétrolières de 35 000 mètres carrés avec 180 mètres de quais, d’unité de dégazolinage, de centre emplisseur, d’unité de requalification des bouteilles et de stations-service. On peut également citer la Gestoci (Société de gestion des stocks pétroliers) dont l’activité s’articule autour de la gestion des stocks de produits pétroliers, leur transport et le ravitaillement des distributeurs.
A l’analyse, la Côte d’Ivoire a tous les différents maillons de la chaîne pétrolière : recherche/ exploration et production (Petroci), raffinage (Sir) et distribution (Gestoci). Depuis 1999, le pays a décidé de sécuriser la distribution, de rendre les produits faciles d’accès à la majorité de la population : d’où la construction d’un pipeline de 400 km entre Abidjan et Bouaké. Cet investissement de 100 milliards permettra de minimiser les charges liées à la péréquation et donc de réduire à terme le prix des produits pétroliers à la pompe. Aujourd’hui, tous ces investissements susmentionnés sont plus que d’intérêt au regard du potentiel de ressources minières, pétrolières et énergétiques du pays. Pour le pétrole, s’il est vrai que le bassin sédimentaire qui est loin d’avoir été exploré laisse entrevoir un gisement de pétrole volumineux, le potentiel prouvé pour l’instant est d’environ 400 millions de barils. En matière minière, le Société de développement des mines (Sodemi), créée en 1962, a permis par ses recherches de mettre en évidence le potentiel national en or, diamant, nickel, tantalite, fanlun, manganèse, etc. Dans sa stratégie, la société entend intensifier la recherche minière sur l’ensemble du territoire, mais aussi le développement de partenariat. Parce qu’elle vise à l’horizon 2015, la production de 21 t/ an, 1 million de carats de diamant, 700. 000 tonnes de manganèse, 24 millions de tonnes de fer, 40 t de tantalite, 60 000 de nickel et 4 200 t de cobalt. Comme quoi, le sous-sol ivoirien est… riche.
Goore Bi Hue
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