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Report de la Présidentielle 2008 - Gbagbo réagit aux critiques de ses opposants « Dites leur que personne n’a peur d’eux »
(L'Inter 18/11/2008)
A l’invitation du canton nanafouê, dans le département de Yamoussoukro, le président Laurent Gbagbo était le samedi 15 novembre dernier, à Attiégouakro, la sous-préfecture abritant ce peuple du groupe ethnique baoulé. Comme un seul homme, avec toute la chefferie traditionnelle à sa tête, cette population baoulé est sortie nombreuse pour rendre hommage à l’illustre invité qu’elle avait choisi de primer comme l’homme de la paix. Et le choix de cette date du 15 novembre, journée de célébration de la paix en Côte d’Ivoire n’était pas fortuite. Comme à son habitude, le président Gbagbo n’a pas manqué d’évoquer l’actualité politique, notamment le report des élections présidentielles à une date qui a t-il dit, sera connue d’ici la fin du mois de décembre 2008. « On avait dit que les élections étaient le 30 novembre. Je vois des gens crier aujourd’hui :’’Gbagbo a dit d’aller vite, vite et puis ce n’est pas le 30 novembre’’. Oui ! Mais ce n’est pas moi qui organise les élections, c’est la CEI », a dit le président, avant de faire quelques révélations sur la question. « Quand nous nous sommes retrouvés à Ouagadougou (Ndlr) : lors du dernier CPC), nous avons fait appel à la CEI. Elle nous a fait un exposé pour nous dire qu’elle ne peut pas être prête le 30 novembre. On a demandé les raisons. Elle a évoqué des questions de sécurité et de finances. Nous avons donc fait appel au commandant de Centre de Commandement Intégré, le Col Kouakou Nicolas, et au ministre des Finances Charles Koffi Diby pour qu’ils nous situent. Nous leur avons par la suite demandé de prendre leur temps, de réfléchir, et de nous proposer la date des élections d’ici à la fin de décembre », a t-il fait savoir. Il s’est offusqué que certains lui prêtent des intentions de bloquer les élections. ‘’ Il y en a qui disent, comme Gbagbo n’est pas prêt, il ne veut pas aller aux élections, il a peur. Mais, eux que je vois devant moi là, sont-ils dans un état où on peut avoir peur d’eux ? Ces gens que je regarde là, quelqu’un peut-il avoir aujourd’hui peur d’eux dans une élection ? On est ici en Côte d’Ivoire et on se connaît ; il ne faut donc pas qu’on essaie de parler fort pour qu’on soit pris comme un garçon. Vous criez pour faire quoi ? Ce n’est pas la peine de crier contre la chose pour laquelle tu ne peux rien ! », a t-il lancé à l’endroit de ses opposants. Puis d’insister : « Mais, vraiment si vous les rencontrez, dites-leur que, tels qu’ils sont là, personne ne peut avoir peur d’eux ici (...) Avant, où avec l’eau dans la bouche, tu soufflais sur le feu et ce feu s’allumait quand même, je n’ai pas eu peur de toi, ce n’est pas maintenant où tu as même des difficultés pour respirer que je vais avoir peur de toi ». Pour lui, il y a lieu que tout le monde se calme et attende que l’arbitre qu’est la CEI donne le coup de sifflet. Par ailleurs, a-t-il souligné, « Chacun doit œuvrer à la réussite de la mission de cet arbitre qu’est la CEI ». « Tout ce qu’on peut faire pour que l’arbitre siffle, faisons-le. Tout ce qu’on peut faire pour aider la CEI, faisons-le. Si nous avons des moyens financiers pour aider la CEI, aidons-là, puisque certains sont très, très riches. Si nous avons des moyens institutionnels pour l’aider, aidons-là. Faisons tout ce que nous pouvons faire pour que l’arbitre soit vite prêt afin que la compétition commence » a t-il dit, invitant chacun des Ivoiriens à se faire enrôler. Selon le président Gbagbo, l’un des gros problèmes de la Côte d’Ivoire, c’est le mensonge. « Tout est mensonge, les gens parlent, ils parlent, ils mentent. La Côte d’Ivoire a des problèmes parce que beaucoup de gens qui y vivent mentent » a-t-il dit. Il a qualifié de ce fait l’honneur à lui fait ce jour, comme le symbole de ce que la vérité rattrape toujours le mensonge. Il a donc invité les Ivoiriens à s’engager désormais avec lui, dans un nouveau combat, celui de faire barrage aux mensonges. Avant l’adresse du président et bien avant que le chef du canton nanafouê, nanan Koba ne remette le prix de paix au président Gbagbo, nanan Allou Konan, porte-parole de la chefferie traditionnelle du canton, a au nom de toutes les populations Nanafouê, remercié le président Gbagbo pour toutes les actions en faveur du développement de leur région. Il a entre autres évoqué l’électrification de plusieurs villages, la construction d’écoles et de centres de santé, la création de communes rurales et de nouvelles sous-préfectures.
Gbagbo efface les traces de Bédié
Presque un mois après le passage de l’ancien chef d’Etat, Henri Konan Bédié, dans la sous-préfecture d’Attiégouakro, c’est au tour du président Laurent Gbagbo de s’y rendre. A l’occasion de cette visite du chef de l’Etat, Attiégouakro a connu une animation toute particulière. Qui contraste quelque peu avec ce qu’il a été donné de voir lors du séjour du président du Pdci, le mardi 21 octobre. Samedi dernier, cette banlieue de Yamoussoukro, a vu défiler sur son sol, plus de grosses cylindrées, notamment de véhicules 4x4, qu’au passage d’Henri Konan Bédié. En témoigne le nuage de poussière qui enveloppait la piste aussi bien à l’aller qu’au retour du cortège présidentiel. Les populations d’Attiégouakro ont également été impressionnées par le déploiement d’armes de guerre et d’un nombre important de militaires, kalachnikovs aux poings. Là où les jeunes du Pdci assurant la sécurité au passage du président Bédié à Attiégouakro, ont pratiquement noyé les quelques forces de l’ordre commises à la sécurité du président du Pdci. Comme si la délégation présidentielle voulait par cette démonstration effacer les traces du candidat Bédié à Attiégouakro. Sur la place publique abritant la cérémonie d’hommage du canton nanafoué, il y avait du beau monde, même si une quinzaine de bâches sont restées vides tout au long de la manifestation. Il n’empêche, le président Laurent Gbagbo, avec le naturel qu’on lui connaît, s’est attaché à effacer, cette fois par les mots, les traces de son adversaire du Pdci. Pour le candidat du parti au pouvoir à la prochaine présidentielle, ses adversaires font circuler des idées fausses sur lui et son régime afin d’empêcher le Front populaire ivoirien de faire une percée dans cette partie du pays baoulé. « C’est un symbole que le président Laurent Gbagbo soit distingué homme de paix dans ce village baoulé, malgré tout ce qui s’est dit », s’est réjoui l’hôte d’Attiégouakro, ouvrant ainsi un long chapitre sur la nécessité de combattre le mensonge en politique. « Tant qu’il n’y a pas de vérité en politique, il n’y a pas de politique, parce que la politique n’est pas l’art du mensonge », a martelé le chef de l’Etat. Faisant sûrement allusion au passage du président du Pdci dans le canton nanafoué, il fera remarquer que les gens viennent mentir aux populations baoulé, au lieu de livrer des messages de paix. « Allez dans la région de l’ouest, on a empoissonné vos parents qui sont là-bas. On leur a dit que le jour où Gbagbo sera président, il va vous tuer. Mais est-ce que dans ce pays où nous sommes mélangés on peut dire à des gens qu’on va les tuer ? C’est un mensonge. Mon combat sera un combat contre le mensonge. C’est parce que les gens mentent dans ce pays que nous avons eu la guerre. », a chargé le chef de l’Etat, qui le disant, pensait sûrement au passage du président du Pdci à Attiègouakro. Bédié qui ce jour-là, a encore dénoncé l’exploitation à des fins électoralistes de l’électrification villageoise. Réagissant à ce sujet, le président Gbagbo a soutenu que la lumière est une exigence divine, avant de préciser que six villages du canton nanafoué sur treize pour lesquels il a été sollicité en ont bénéficié. Au total, le président Gbagbo a profité de cette journée de la paix pour répondre au président du Pdci à Attiégouakro.
Assane NIADA Envoyé spécial
lundi 17 novembre 2008 par webmaster, Blaise BONSIE à Yamoussoukro
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